Comment les partenaires de KAIROS réagissent à la pandémie fantôme

Comment les partenaires de KAIROS réagissent à la pandémie fantôme

Par son programme femmes de courage : femmes, paix et sécurité, KAIROS travaille en étroite collaboration avec des partenaires pour en apprendre davantage sur l’impact de la covid-19 sur leurs activités et sur leurs moyens de réagir aux difficultés. En tant qu’instigateurs de la paix dans les conflits prolongés, ces partenaires connaissent bien les crises et, partant, ont façonné des approches résilientes, créatives et courageuses qui servent d’exemples à tous.

En plus de devoir composer avec les mesures et problèmes de santé publique, les partenaires affrontent une « pandémie fantôme » qui désigne l’augmentation substantielle de la violence conjugale ou sexospécifique qui résulte de la pandémie et du confinement. La pandémie a cet effet partout dans le monde, y compris au Canada où l’augmentation du taux de violence conjugale et sexospécifique est estimée à entre 20 et 30 p. 100 dans certaines régions. Toutefois, les pays qui ont répondu à la crise par des moyens militaires ou qui ont adopté un style de gouvernance autocrate et répressif n’ont fait qu’exacerber la violence et la nécessité d’obtenir du soutien psychosocial et juridique pour les femmes de toutes les parties du monde.

En dépit des difficultés posées par la distanciation physique, les partenaires de KAIROS ont répondu à la crise pour appuyer les femmes victimes de violence dans leurs communautés. En Colombie, l’Organisation féminine populaire a mis à profit les médias sociaux pour former des groupes de soutien des femmes en ligne. Cet organisme offre des services psychosociaux en ligne et au téléphone et fournit un soutien indispensable aux femmes victimes de violence conjugale ou sexospécifique. En Cisjordanie, le centre palestinien Wi’am de transformation et de médiation intervient par des mesures de médiation et de transformation en situation de conflit associé à la violence sexospécifique. Ce centre planifie d’embaucher deux psychologues et a mis sur pied une ligne d’écoute accessible en tout temps pour venir au secours des femmes ou d’autres personnes victimes de violence sexospécifique.

Les partenaires de KAIROS ont aussi adapté les ateliers et les formations destinés aux femmes leaders pour qu’elles assurent la lutte à la covid-19 dans leurs collectivités. Ces formations offrent notamment des outils et des ressources pour contrer l’impact psychosocial de la pandémie et l’augmentation de la violence sexospécifique.

La violence conjugale ou sexospécifique était fort répandue bien avant la pandémie de covid-19. Cependant, les mesures de protection mises en place autour du monde pour limiter la propagation du virus de la covid-19 augmentent le risque pour les femmes. Les partenaires de KAIROS ont été aux premières lignes de la riposte dans leurs communautés. Ils se sont assurés que, malgré l’application de mesures de santé publique, les personnes les plus à risque bénéficient du soutien nécessaire pour se protéger et protéger leurs proches de la pandémie fantôme.

Les Héritiers de la Justice en République démocratique du Congo continuent à produire et diffuser l’émission radiophonique locale Tuitete Haki, qui signifie «droits » en swahili. Elle agit comme pivot dans la communication des directives de la santé publique sur la covid-19 et conscientise la population au sujet de la violence sexospécifique. La tribune radiophonique du Conseil ecclésiastique du Soudan du Sud aborde la covid-19, la justice et les genres, la guérison des traumatismes et la paix.

Bien que la covid-19 transforme le monde radicalement, nous ne pouvons perdre de vue les personnes les plus vulnérables de la planète. Les femmes qui aspirent à consolider la paix sont des figures prépondérantes de la riposte féministe. Elles réagissent face à l’impact disproportionné de la crise mondiale sur les populations féminines et font émerger cette pandémie de violence. Nous devons nous en inspirer. Les relations et réseaux solides qu’elles ont formés avec des leaders et des groupes féministes, ainsi que leur expérience du soutien psychosocial et de la guérison des traumatismes, leur permettent d’atteindre les femmes marginalisées et d’assurer que leur point de vue et leurs revendications sont entendus, même en pleine pandémie de covid-19.

Ces femmes nous donnent l’espoir que, lorsque le monde émergera de la crise, il reposera sur des valeurs de bien-être, de santé, de sécurité et de paix pour tous.

Pour en savoir plus au sujet de la réponse des partenaires de Kairos, consultez leur blogue (en anglais) ici.

Sur la photo : Le Conseil ecclésiastique du Soudan du Sud rencontre des femmes et des jeunes pour sensibiliser le public à la violence sexospécifique, à la violence domestique et aux grossesses chez les adolescentes pendant le verrouillage de COVID-19.

Promouvoir, améliorer, inspirer : riposte de WaterAid Canada à la covid-19

Promouvoir, améliorer, inspirer : riposte de WaterAid Canada à la covid-19

On trouve couramment de l’eau et du savon dans les foyers du Canada. Ailleurs, pour bon nombre de personnes, il est normal de ne pas en avoir. Les données indiquent que 40 % des ménages à travers le monde n’ont rien pour se laver les mains. Par conséquent, le lavage des mains n’est pas très répandu, ce qui accroît le risque de propagation des maladies dont la covid-19. Bien que des données récentes montrent que la pandémie n’a pas touché les pays à revenus faibles ou modérés aussi fortement qu’elle a touché les pays riches, cette situation suscite des préoccupations quant à l’effet de la pandémie dans les pays disposant de moins de ressources pour affronter la crise. Les pays à revenus faibles ou modérés ont souvent un accès restreint à l’eau et aux commodités sanitaires et d’hygiène (WASH en anglais). De plus, plusieurs établissements de soins sont mal outillés pour affronter une crise de l’ampleur de la covid-19. Limiter la propagation de la covid-19 dans ces pays et en prévenir les impacts dévastateurs n’a jamais été aussi urgent.

Pour répondre à l’urgent besoin que représente l’accès à l’eau et aux commodités sanitaires et d’hygiène, le Conseil canadien pour la coopération internationale et WaterAid Canada ont mis en commun leur expertise et leurs connaissances. Ils entendent intensifier les efforts de promotion de l’hygiène, améliorer l’accès à l’eau et aux installations et commodités sanitaires puis générer des changements de comportement durables pour contrer la pandémie.

« Faciliter l’accès à l’eau et aux commodités sanitaires et d’hygiène : une intervention que l’on ne peut déplorer »

WaterAid Canada et la pandémie de covid-19

WaterAid Canada a toujours proclamé les bienfaits du lavage des mains dans le cadre de ses programmes d’accès à l’eau et aux commodités sanitaires et d’hygiène. Même si la covid-19 n’a rien changé aux priorités de l’organisme, ses objectifs sur le plan des résultats se sont passablement élargis. Les interventions de WaterAid Canada s’articulent autour de quatre grands objectifs qui reflètent l’urgence de la pandémie :

  1. L’accès à l’eau pour le lavage élémentaire des mains et le nettoyage – fourniture d’articles essentiels comme le savon, le désinfectant pour les mains et des produits désinfectants pour les populations les plus vulnérables.
  2. Le soutien offert aux pourvoyeurs de services – maintien des services et interruptions minimales.
  3. Réduction de la transmission de la covid-19 aux points communs d’accès à l’eau – installation de postes de lavage des mains dans les établissements de santé, les zones densément peuplées et les zones rurales.
  4. les zones rurales.

    Revendications – campagnes adressées aux gouvernements et aux autorités visant la prestation constante, durable et inclusive de services d’hygiène et d’accès à l’eau pendant et après la pandémie.

Fort de ses 37 ans d’expérience et à titre de chef de file mondial dans la promotion de l’hygiène, WaterAid Canada s’efforce de soutenir les gouvernements nationaux et les organismes de la société civile pour promouvoir les comportements qui favorisent l’hygiène pour empêcher la propagation du virus. Les équipes de WaterAid Canada observent les restrictions et aident les partenaires à s’assurer que leur travail ne met personne en danger ou contribue à la propagation du virus. Dans bon nombre de cas, l’organisme a établi des liens avec d’autres organismes du même type pour coordonner leurs interventions conformes aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé dans ce dossier. À l’heure actuelle, des interventions sont en cours en région urbaine et périurbaine. Il est prévu d’atteindre les régions rurales sous peu. L’organisme apporte aussi son concours à la conception de matériel de promotion de l’hygiène qui sera diffusé dans de grandes campagnes médiatiques et, surtout, dans les régions les plus à risque. Le matériel vise à sensibiliser les populations à risque au sujet des recommandations de l’OMS en vue de stopper la propagation du virus de la covid-19.

WaterAid Canada sait que la lutte à un ennemi invisible comme le virus de la covid-19 ne se fait pas du jour au lendemain. Dans un effort pour intensifier ses activités au quotidien en riposte à cette menace, il a mis au point une réponse en deux volets qui inclut l’atténuation de la courbe de propagation du virus par la promotion des mesures d’hygiène ainsi que le soutien des gouvernements et des décideurs clés suivi d’une réévaluation et d’une planification à long terme. WaterAid Canada ne peut arriver seul à promouvoir les comportements qui limitent la propagation de la covid-19. Une pandémie de cette ampleur nécessite l’intervention de tous les agents du secteur en vue d’assurer la prévention, la protection et les mesures curatives. À ce titre, WaterAid a établi une liste de onze contributions que les organismes de promotion de l’accès à l’eau et de mesures d’hygiène peuvent apporter en réponse à la pandémie, ainsi que des choses à faire ou à proscrire.

Fatoumata Sogoba se lave les mains après avoir visité un centre de santé périnatale du Cercle de Bla dans la région de Ségou, au Mali. Avril 2018. WaterAid / Guilhem Alandry

Fatoumata Sogoba se lave les mains après avoir visité un centre de santé périnatale du Cercle de Bla dans la région de Ségou, au Mali. Avril 2018. (WaterAid/ Guilhem Alandry)

Un secteur bien outillé est un secteur dont les actions s’inscrivent dans la durabilité

Il est devenu apparent que l’impact de la covid-19 sera prolongé et profondément ressenti. La réalité à laquelle nous devons nous préparer, et qui attend surtout les personnes plus marginalisées, reste encore inconnue. L’accès sécuritaire à de l’eau potable, à des commodités sanitaires et des mesures d’hygiène appropriées ainsi qu’à des soins de santé élémentaires de base est crucial en temps de pandémie. WaterAid Canada a su mettre à profit son expertise, adapter ses activités et élargir sa portée pour affronter cette crise.

Il faut assurer l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène et l’accès à l’eau et aux commodités sanitaires durant la crise mais le secteur doit aussi pouvoir compter sur des solutions à long terme. WaterAid Canada s’efforce de protéger les populations les plus marginalisées des effets immédiats de la crise tout en offrant aux acteurs de son secteur des solutions respectueuses des droits de la personne qui auront des effets prolongés. Tout le monde, partout, devrait disposer des ressources nécessaires pour empêcher les prochaines épidémies et promouvoir la dignité humaine.

*Arianna Abdelnaiem, assistante de recherche au Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI).  

 * Ce blogue est le quatrième d’une nouvelle série produite par le CCCI qui met en lumière le leadership et les capacités d’innovation du secteur du développement international et de l’aide humanitaire face à la pandémie de covid-19. Le CCCI continuera à publier des récits illustrant la solidarité, la résilience et les capacités d’innovation du secteur dans les prochaines semaines. Malgré la distance, nos membres sont plus rapprochés que jamais et combattent l’impact de la pandémie mondiale avec énergie, humilité et grâce.

Sur la photo : Sashi, artisane de la broderie Chikan, se lave les mains avant de cuisiner pour sa famille de Sadamau, en périphérie de Lucknow, dans l’Uttar Pradesh indien. 20 décembre 2019.

Crédit photo : WaterAid / Anindito Mukherjee

Emphase sur la localisation en temps de la covid-19

Emphase sur la localisation en temps de la covid-19

Aujourd’hui dans sa centième année de service, le Comité central mennonite s’est activé dans plus de cinquante pays, en temps de quiétude comme en temps de crise. À maintes reprises, il a pu apprécier la valeur du travail en collaboration avec des partenaires locaux pour élaborer et adapter la programmation de ses activités. Les pratiques exemplaires normalisées et la coordination multilatérale sont essentielles en période de crise mondiale complexe mais elles ne suffisent pas à assurer une réponse efficace.

En ce qui concerne la covid-19, nous devons tous affronter un même microbe qui affecte nos fonctions biologiques communes. Il s’agit bien sûr d’un problème d’ordre médical pour lequel il existe vraisemblablement des solutions médicales. La programmation d’activités nettement standardisées semble être le moyen le plus efficace et concret pour atteindre un grand nombre de personnes.

Malheureusement, notre monde est trop complexe pour que l’on puisse appliquer une approche universelle, même si nous devons tous affronter un seul et même virus. L’une des leçons importantes qu’a tirées le Comité au cours de ce siècle est que les moyens standardisés s’avèrent nuisibles et contreproductifs s’ils ne sont pas contrebalancés par la localisation approfondie des travaux. Lorsqu’on impose des activités sans que le milieu local se les approprie, elles deviennent souvent inefficaces et suscitent de la résistance. Lorsqu’on fait fi des priorités locales, les activités et les ressources des projets sont souvent redirigées et perverties. Lorsque les valeurs et la culture des communautés ne sont pas respectées, celles-ci sont peu enclines à s’investir et encore moins à modifier des comportements bien ancrés.

Pendant que nous nous efforçons, avec nos partenaires de diverses localités du monde, de réagir à la pandémie de covid-19, nous faisons le lien entre le mondial et le local, la pratique et la théorie, les « meilleures pratiques » internationales et la réalité sur le terrain. La réalité est que la covid-19 n’aura pas le même impact partout dans le monde et dans tous les groupes et qu’elle ne suscitera pas partout la même réponse. Des facteurs comme le niveau de revenu, les déplacements, la citoyenneté, l’âge, le genre, l’inclusion sociale et l’accès aux soins de santé qui ont rendu les communautés et les individus vulnérables avant la pandémie continueront de faire subir leur influence durant l’éclosion de la covid-19.

Cela exige de réaliser des projets adaptés et de moindre envergure et le Comité a priorisé ce raisonnement dans son approche à la pandémie. À Mwenezi, au Zimbabwe, la communauté a par exemple demandé que les mesures prises face à la covid-19 lui permettent de mieux se positionner pour se protéger du choléra et des maladies véhiculées par l’eau qui sévissaient avant la pandémie. À Assola et Bambasi, en Éthiopie, les agriculteurs nous ont demandé de travailler avec eux et avec le gouvernement pour mettre au point des stratégies qui protègent aussi les récoltes et sécurisent les gains difficilement acquis au fil des années de travail de la terre par la communauté. À Nikopol, en Ukraine, la priorité locale était de protéger les personnes sans domicile et le personnel qui s’en occupe. À Haïti, certains partenaires limitent de plus en plus leurs interactions directes avec la communauté pour assurer leur sécurité. Certains autres, comme notre partenaire de Bomon qui lutte contre la violence sexuelle ou axée sur les genres, ont dû maintenir et élargir leurs activités devenues plus nécessaires dans un contexte fragilisé par la pandémie.

Des activités pertinentes et efficaces sur le plan financier nécessitent une connaissance approfondie du contexte local, une capacité d’adaptation et une appropriation par la communauté ainsi que l’application des pratiques exemplaires internationales et une saine coordination. Comme d’autres ONG canadiens, nous sommes bien placés pour faire ce lien et faciliter la réalisation de travaux durables, sensibles au contexte et fondés sur des faits partout à travers le monde. En cette période de crise, le secteur ne peut minimiser ce que nous avons appris de l’importance de l’approche locale. Plus que jamais est-elle nécessaire.

 

Photo : Emma Themistoc dirige le regroupementSolidarité Fanm Ayisyèn SOFA, partenaire du Comité mennonite du Canada à Beaumont, Haïti. Les bureaux locaux, qui font office de centre de répit durant le jour, aident les femmes victimes de violence sensible aux genres en les accompagnant tout au long des procédures juridiques et médicales, en leur octroyant du microcrédit et en leur offrant un soutien psychologique et social. Madame Themistoc a joué un rôle majeur dans le maintien et l’intensification de ces mesures pendant la pandémie, malgré les problèmes accrus que pose la covid-19, en soulignant le besoin d’intervenir devant la hausse de la violence axée sur les genres. (Crédit : CMC, Annalee Giesbrecht)

 

* Ce blog est la troisième d’une nouvelle série du CCCI qui présente le leadership et l’innovation du secteur canadien du développement international et de l’aide humanitaire face à la pandémie COVID-19.

Save the Children propose un cursus de formations sur la covid-19 et des ressources pour tous

Save the Children propose un cursus de formations sur la covid-19 et des ressources pour tous

Le secteur canadien de la coopération internationale, tout comme d’autres secteurs, se trouve aux premières lignes de la riposte à la pandémie de la covid-19. Les activités quotidiennes changent. Des événements sont annulés. Les écoles, entreprises et édifices gouvernementaux sont fermés s’ils ne sont pas essentiels. La distanciation physique fait maintenant partie de notre quotidien et s’avère la meilleure arme pour stopper la propagation du virus. Pendant que nous nous adaptons à cette nouvelle réalité, le milieu du développement international et de l’aide humanitaire canadien innove pour venir en aide aux collectivités locales ici et à l’étranger, pour maintenir les gains durement acquis sur le plan du développement durable et pour aider le Canada et le monde entier à émerger de la crise plus forts, plus interconnectés et plus résilients.  

  

Au Conseil canadien pour la coopération internationale, nous jugeons important de mettre en lumière ce que des acteurs du milieu du développement international et de l’aide humanitaire ont entrepris en réaction à la crise en misant sur la solidarité et l’innovation. Le premier portrait de la série porte sur l’un de nos membres, Save the Children, qui a mis en place quatre mesures pour soutenir les communautés les plus vulnérables ici et à l’étranger. 

 

  1. Mettre en place des mesures qui protègent les gains durement acquis pour les enfants 

Le programme en cinq points destiné à protéger une génération de la covid-19 invite les instances canadiennes à travailler de concert avec la communauté internationale élargie dans un esprit de solidarité mondiale et à mettre en œuvre les mesures suivantes pour protéger les droits d’une génération d’enfants : 

 

  • Endiguement de la maladie et atténuation de ses effets 
  • Financement mondial 
  • Soutien des finances des familles 
  • Éducation et apprentissage 
  • Sécurité et protection des enfants 

 

  1. S’adapter à une nouvelle réalité

Face à la covid-19, l’organisme a rapidement mis au point un cadre d’adaptation des programmes qui aide ses 120 bureaux répartis internationalement à appliquer les mesures d’adaptation nécessaires en fonction du contexte et de l’étape de la crise (préparation, interventions initiales, interventions à grande échelle, rétablissement). Cet outil tient en compte que les communautés et les activités réalisées par l’organisme ne traverseront pas tous les mêmes phases au même moment et que la pandémie pourrait se manifester par vagues sur une période de douze à dix-huit mois, voire plus longtemps. Il peut aussi être utilisé par d’autres organismes de la société civile et intervenants nationaux. Ce cadre vise à aider les bureaux de l’organisme à l’étranger à atténuer les effets de la covid-19 et, dans la mesure du possible, à préserver les droits des enfants relatifs à leur survie, leur apprentissage et leur protection.  

 

  1. Maintenir les acquis sur le plan de l’éducation des enfants

Pour lutter contre la pandémie et mieux contrôler la propagation du virus, les écoles du Canada ont fermé leurs portes. Par conséquent, du temps d’éducation précieux pour les enfants est perdu. L’engagement de l’organisme Save the Children d’aider les enfants et les familles en période d’incertitude est le même en contexte de pandémie. Il a mis au point des ressources novatrices et facilement accessibles pour préserver la santé et la santé mentale des enfants et les aider à préserver leurs acquis scolaires durant la crise et au-delà de celle-ci. Il propose des moyens de parler du coronavirus aux enfants, des méthodes de relaxation et des activités d’apprentissage en famille, des conseils pour intégrer l’apprentissage de la lecture et des mathématiques dans la routine quotidienne et même des trucs pour que les grands-parents restent en contact avec leurs petits-enfants pendant le confinement. 

  1. Sensibiliser les diverses parties concernées au sujet de la covid-19

En collaboration avec le service Humanitarian Leadership Academy, Save the Children a également mis au point un cursus de formations sur la covid-19 accessible en anglais sur la plateforme d’apprentissage Kaya. Cette ressource vise à développer les aptitudes des utilisateurs au moyen d’outils au goût du jour, de ressources et de capsules vidéo éducatives qui leur permettront de mettre en œuvre des mesures immédiates, éclairées et efficaces à la covid-19. Elle cible le secteur du développement international et de l’aide humanitaire mais peut convenir à d’autres. Le cursus propose entre autres des formations en ligne qui traitent des interventions humanitaires, des compétences générales et du travail à distance, un répertoire de ressources téléchargeables liées au travail et aux activités dans un contexte de pandémie et des politiques et directives pour le secteur. Les ressources, les formations et les capsules vidéo couvrent un large éventail de sujets importants tels que la santé publique, la protection des enfants, l’éducation, les genres, le leadership et la gestion, le bien-être et la résilience. La plateforme conviviale, accessible sur un téléphone cellulaire ou un ordinateur dans plusieurs langues, est conçue pour toute personne souhaitant parfaire ses connaissances et ses compétences pour mieux se préparer et intervenir dans n’importe quelle situation de crise, qu’elle soit causée par la covid-19 ou non. Depuis son lancement à la mi-mars, la plateforme a accueilli plus de 3000 visiteurs de partout au Canada. 

  

Comme d’autres organismes du secteur, Save the Children montre sa détermination à innover et à aider les familles et les enfants durant les périodes d’incertitude, tant par ses interventions sur le terrain que par son cursus de formations sur la covid-19 offert en ligne. Pendant que nous sommes confinés à la maison, Save the Children exploite le potentiel des formations en ligne pour tirer profit de cette période difficile en utilisant des plateformes accessibles à tous.  

 

Voilà un bel exemple de leadership et d’innovation que l’on souhaite de la part de la communauté canadienne de la coopération internationale. Au cours des prochaines semaines, le CCCI publiera d’autres portraits d’initiatives empreintes de solidarité, de résilience et d’innovation entreprises dans le secteur. Malgré la distanciation physique, nos membres sont plus interconnectés que jamais dans leurs efforts pour atténuer avec force, humilité et grâce les impacts de ce bouleversement planétaire qui nous affecte tous.  

 

 

*Par Arianna Abdelnaiem, assistante de recherche au Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI).  

 

* Ce blog est la première d’une nouvelle série du CCCI qui présente le leadership et l’innovation du secteur canadien du développement international et de l’aide humanitaire face à la pandémie COVID-19. 

 

Des regroupements animés par l’espoir

Des regroupements animés par l’espoir

Cette semaine, nous mettrons en lumière des histoires d’impact et de changement de la part de nos membres.  Pour lancer la semaine du développement international, voici un blog de KAIROS sur «Des regroupements animés par l’espoir.» Restez à l’écoute pendant le reste de la semaine pour d’autres histoires de nos membres.

J’ai rarement vu quoi que ce soit d’aussi merveilleux que ce groupe de femmes et d’enfants venu accueillir la délégation de KAIROS à Thabra, en CisjordanieLgroupe qui a souhaité la bienvenue en Palestine et en Israël à notre délégation de dix personnes composée de dignitaires et de personnel d’église était incroyablement accueillant, souriant et désireux de nous serrer la mainAprès notre arrivée, les femmes nous ont confié que les rares visiteurs de l’étranger ne se préoccupent pas d’entendre la voix des femmes vivant en territoire occupé. 

Cette rencontre avec des groupes de femmes bénéficiant du soutien de KAIROS et d’Affaires mondiales Canada est la première d’une série de quatre. Lucy Talgieh, coordonnatrice de projets visant les femmes du centre palestinien Wi’am de transformation des conflits, en est la tête dirigeante. Les femmes tissent dans ces groupes des liens l’amitié, bénéficient d’un soutien socialsont informées des droits de la personne et deviennent aptes à assurer un leadership dans la consolidation de la paixLe centre Wi’am est un élément vital de la société civile palestinienne. Il offre un espace  les communautés palestiniennes sont informées au sujet de la réconciliation, discutent de résolution des conflits et imaginent une existence sans occupation de territoire. 

À Thabrale groupe dispose de peu de chosesDes chaises sont un ajout récent offert par un membre du personnel qui les a payées de sa pocheMais l’hospitalité est généreuse et les conversations animées et vigoureusesEt tout le monde tombe sous le charme des enfants présents. 

Les femmes sont impatientes de parlerElles racontent comment elles ont réglé un problème local de collecte des ordures et élaboré des stratégies pour faciliter l’accès aux services de santéIl faut marcher longtemps pour atteindre la clinique la plus proche et celle-ci n’est pas toujours ouverteElles parlent avec fierté de ce qu’elles ont appris au sujet des droits ainsi que sur la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmesElles sont fières aussi de dire que cela a modifié leur capacité de se protéger de la violence et qu’elles entrevoient maintenant la possibilité d’assurer un plus grand leadership dans leur communauté 

En Cisjordanie, l’occupation est synonyme de misère et de terreurLe jour de notre visite, nous nous sommes aussi rendus à Beit Ummar pour y rencontrer la mère de cinq garçons incarcérésLa plupart des femmes du groupe local ont au moins un parent en prisonLa présence continuelle de soldats israéliens lourdement armés leur fait craindre pour leurs enfants car tout geste jugé provocateur peut immédiatement mener à une détention ou engendrer une réaction meurtrière.  

Plusieurs femmes ont aussi évoqué la présence de restrictions d’accès plus serrées aux terres et aux zones agricolesToutes sont victimes d’humiliations constantes et trouvent difficile de se déplacer aux alentoursL’accès constant à un emploi, voire à des denrées de base comme l’eau potable, constituent une épreuve quotidienneNotre délégation, bien qu’elle n’ait été que de passage, a failli sombrer dans le désespoir en écoutant ces récits. 

Pour notre délégation composée d’Autochtones, de descendants de colons et de nouveaux arrivants, les points de convergence entre la lutte menée dans ces territoires contestés et celle engagée au Canada ou ailleurs ne nous ont pas échappé. La dépossession, l’impossibilité d’accéder aux services de base, l’imposition de restrictions sur les déplacements, la perte de contrôle sur les ressources et la violence, surtout envers les femmes, caractérisent les communautés autochtones à travers le monde et ce constat est troublant depuis toujours. 

Malgré tout, un espoir véritable se dégage de nos rencontres avec ces femmes de Thabra, Beit Ummar et, aussi, de Jéricho et Bethléem. Ce sont elles qui l’affirment. À Beit Ummar, un des membres de notre délégation a demandé comment elles s’y prenaient pour ne pas perdre espoir face aux injustices répétées de l’occupation. Les femmes, de confession musulmane pour la plupart, ont répondu : « Nous croyons en Dieu, bien sûr ». Puis, Mariam a ajouté : « Cet endroit alimente aussi l’espoir chez moi. On s’y rassemble pour panser nos plaies, apprendre, se former, avoir du plaisir et se donner le pouvoir d’agir. »  

Qu’est-ce que l’espoir s’il n’est pas partagéSe rassembler nous conforte face au deuil, à la perte ou à la détresseL’énergie, l’optimisme et les possibilités se multiplient quand on est plusieursLa force du groupe se décuple, parfois plus que la somme de ses partiesL’espoir est né de notre rassemblement en une délégation de membres divers. Se retrouver ensemble, avec nos hôtes, dans ces lieux magnifiques mais meurtris a confirmé cet espoir. 

Peut-être est-ce un hasard mais nous étions en Cisjordanie ce jour-là et nous avons vu, entendu et même goûté l’espoir dans le café arabe, les olives, le pain chaud et le zaatar qui nous ont été servisNous avons imaginé des moyens pour que ces femmes qui se réunissent en Cisjordanie pour faire naître l’espoir et élaborer des solutions puissent rencontrer des groupes de femmes au Canada et dans les communautés autochtones ou de migrantsNous savons qu’elles se reconnaîtraient dans le courage et la résilience qu’elles manifestent et que l’espoir se propagerait 

 

Jennifer Henry est directrice générale des Initiatives canadiennes œcuméniques pour la justice KAIROS depuis 2012. Elle s’investit dans la justice sociale œcuménique depuis plus de 26 ans. 

 

Renforcer la démocratie en République démocratique du Congo

Renforcer la démocratie en République démocratique du Congo

Cette semaine, nous mettrons en lumière des histoires d’impact et de changement de la part de nos membres.  Pour lancer la semaine du développement international, voici un blog de Développement et Paix sur comment « Renforcer la démocratie en République démocratique du Congo.» Restez à l’écoute pendant le reste de la semaine pour d’autres histoires de nos membres.

 

Un projet pour renforcer le pouvoir des gens 

Après des décennies de guerre civile et d’agitation politique, la population de la République démocratique du Congo espérait un transfert ordonné du pouvoir lors des élections de novembre 2016. Bien avant cela, Développement et Paix — Caritas Canada et son partenaire de longue date, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), avaient déjà compris que l’atteinte et le maintien d’une démocratie véritable exigeraient une citoyenneté plus engagée. 

 

C’est dans ce cadre qu’au début de 2016 Développement et Paix et la CENCOappuyés par un généreux financement de 9.778 millions de dollars d’Affaires mondiales Canada, ont lancé un ambitieux projet d’éducation civique et électorale en République démocratique du Congo. 

 

Un mouvement massif 

En deux ans, le projet a mis sur pied cinq campagnes nationales dont les points saillants ont été : 

  • La formation de 10 000 animateurs dans les 26 provinces du pays; 
  • La tenue de 900 000 sessions de formation sur la démocratie, les droits, la citoyenneté et la vie communautaire; 
  • L’éducation civique de près de 20 millions de citoyens congolais (majoritairement des femmes et des jeunes); 
  • La production d’émissions de radio sur des enjeux citoyens, en langues locales (lingala, tshiluba, kikongo et swahili), et mettant en vedette des acteurs locaux populaires; 
  • La diffusion de ces émissions dans 80 stations de radio auprès d’environ 10 millions d’auditeurs. 

En 2018, quand les élections se sont finalement tenues après de nombreux délais, les 10 000 animateurs ont été déployés comme observateurs dans les bureaux de vote partout au pays. En surveillant les élections et en encourageant la population à voter, ils ont contribué à l’avènement d’un changement de garde démocratique longuement espéré. 

 

Des efforts qui se poursuivent 

Actuellement, le projet mobilise la population pour la tenue d’élections locales afin de contrer cette tendance peu démocratique du gouvernement central à nommer des représentants locaux par favoritismeAvec deux millions de signatures, la pétition est déjà la plus importante de l’histoire congolaise. 

Des sessions de formation additionnelles permettent de sensibiliser les gens à la nécessité de dépasser le tribalisme, de renoncer à la violence et d’encourager les femmes à se présenter à des postes politiques. Afin d’assurer le maintien de la démocratie à terme, un projet pilote de nouveaux manuels d’éducation civique et morale se déroule dans 500 classes. 

 

Contribuer aux objectifs de développement durable 

En faisant la promotion d’une participation démocratique équitable, Développement et Paix et la CENCO contribuent aux objectifs de développement durable de paix, justice et institutions efficaces, de même qu’à l’égalité entre les genres en République démocratique du Congo. La population connaît maintenant mieux ses droits, comprend l’importance de la coopération pacifique, est plus encline à soutenir les femmes, et est en mesure de demander des comptes à ses gouvernants. 

 

À PROPOS DE DÉVELOPPEMENT ET PAIX 

Développement et Paix – Caritas Canada est l’organisme officiel de solidarité internationale de l’Église catholique au Canada. Il travaille en partenariat avec des organisations locales dans plus de 30 pays en Afrique, en Amérique latine, en Asie et au Moyen-Orient, afin de bâtir un monde de justice et d’agir en solidarité avec les personnes les plus vulnérables.